Chronologie de sa vie

1886 13 mars

Naissance à Liège (Belgique) d’Henri David, neuvième enfant du pasteur Henri Auguste Gagnebin et d’Adolphine, née Heshuysen (Néerlandaise). La famille Gagnebin est originaire de Renan (Jura bernois) et bourgeoise de la ville de Neuchâtel.

1892 décembre

Avec sa famille le pasteur s’installe à Bienne, où il exerce un ministère à l’Eglise libre. Dans cette paroisse il renoue des liens d’amitié avec le peintre Léo-Paul Robert. Le fils de celui-ci, Philippe Robert, peintre lui aussi, épousera Marthe Gagnebin, sœur d’Henri. Ecole primaire à Bienne.

1899 août

La famille quitte Bienne pour Lausanne. Henri suit le Collège classique cantonal.

1903 2 juillet

Il obtient son certificat d’études secondaires; il suit ensuite le gymnase et prend des leçons de piano chez Auguste Laufer, puis chez Justin Bischoff.

1904 février

Il se rend à Saint-Cierges (VD) chez sa sœur aînée Henriette, épouse du pasteur Aimé Junod, d’où il annonce à ses parents sa résolution de quitter le gymnase et de se vouer entièrement à la musique. Son père y consent.

1905

Il séjourne à Berlin, où Richard Rössler lui donne des leçons de composition et de piano. Ces mois sont surtout marqués par les concerts, les opéras qu’il va entendre et par la vie estudiantine avec quelques compatriotes: Charly Clerc, Pierre Grellet, Marc Du Pasquier, Frédéric Jacot, Jean- Louis Berthoud, Paul Du Bochet et Robert Campiche.

1906

H.G. continue ses études musicales au Conservatoire de musique de Genève. Leçons d’Otto Barblan pour l’orgue et la composition, d’Oscar Schulz pour le piano et de Joseph Lauber pour l’orchestration. Durant ce séjour, il se lie avec Charles Chaix, Jean Dupérier, Louis Piantoni et Albert Paychère.

1907 21 septembre

Décès de son père.

1908 septembre

H.G. réside à Paris, où il suit l’enseignement de la Schola Cantorum, Cours de composition avec Vincent d’Indy, d’orgue avec Abel Decaux et Louis Vierne, de chant grégorien avec Amédée Gastoué, de piano avec Blanche Selva.

1909-1910

Il est organiste à l’église réformée de l’Etoile;

1910-1916

puis à l’église luthérienne de la Rédemption.

1914

Diplôme supérieur à la Schola Cantorum.

1916 14 mai

De retour à Lausanne, organiste de l’église Saint-Jean, il anime chaque dimanche une «heure spirituelle».

1917 28 décembre

Mariage avec Antoinette Maurer, professeur de dessin et peintre sur porcelaine. Samuel Gagnebin, son frère aîné, professeur de physique, de mathématiques et philosophe, avait épousé en 1916 Marianne Maurer.

1918

H.G. enseigne au Conservatoire de musique de Lausanne la lecture à vue au piano et, dès 1919, l’histoire de la musique.

1918 23 décembre

Naissance de Charles Henri.
La famille s’agrandira de Juliette Marguerite (1920) qui épousera Théodore Gerhard, de François Louis (1922) et de Jean-Claude Henri (1923).

1920

Quittant Lausanne, la famille de H.G. s’installe à Nyon où Antoinette Gagnebin dirige un atelier de décoration sur porcelaine.

1922 14 janvier

Création, sous la direction d’Ernest Ansermet, de sa 2 e Symphonie par l’Orchestre de la Suisse Romande (OSR) à Genève.

1923

La famille de H.G. regagne Lausanne.

1924

H.G. donne des cours d’orgue au Conservatoire de Neuchâtel.

1925 12 mai

Nomination de H.G. à la direction du Conservatoire de musique de Genève.

1925 13 mai

Il est élu au comité de l’Association des musiciens suisses. Il en restera membre jusqu’en 1937. Il redevient le vice-président de ce comité de 1952 à 1955.

1925 14 mai

Constitution de l’Association des organistes et maîtres de chapelle protestants romands avec Charles Schneider (Neuchâtel), Charles Faller (La Chaux-de-Fonds) et Bernard Reichel (Genève). Quelques semaines plus tard, il est nommé membre du Conseil d’administration de l’OSR.

1927

Au Conservatoire, il enseigne l’histoire des formes et des styles jusqu’à sa retraite en 1961. Il fait partie de la Commission intercantonale du Psautier romand jusqu’à la publication de ce recueil en 1937.

1928

Dans un comité genevois, il contribue à préparer les Fêtes du Rhône, qui se déroulent à Genève du 6 au 8 juillet 1929.

1930 15 septembre

La page musicale du Journal de Genève paraît pour la première fois. Elle sera animée jusqu’en 1939 par Paul Chaponnière, Albert Paychère, Jacques Guilloux et H.G.

1935 13 février

Création à Genève de son oratorio Saint François d’Assise. Les interprètes en sont Pierre Bernac et Yves Tinayre, le chœur de la Société symphonique de Genève préparé par Albert Paychère, et l’OSR sous la direction d’Ernest Ansermet.

1935 automne

Fêtes du centenaire du Conservatoire de musique de Genève.

1936

Concours de composition musicale organisé par «Le Carillon» à Genève, sous la présidence d’André de Blonay. H.G. siège dans le jury aux côtés d’Albert Roussel, de Gian Francesco Malipiero et d’Ernest Ansermet.

1937 16 février

Sortie de presse du Psautier romand, utilisé jusqu’en 1976.

1938 automne

Fondation du Concours international d’exécution musicale de Genève avec un comité composé de: Ernest Ansermet, Robert Bory, Samuel Baud-Bovy, André de Blonay, Paul Budry, Mme Chéridjian-Charrey, Marc Cougnard, Max Dunand, Eugène Empeyta, Romain Godet, Richard Jeandin, André-F. Marescotti, Frank Martin, Alexandre Mottu et Félix Pommier. Le secrétariat est assuré par Frédéric Liebstoeckl. Président, H.G. fait la proposition au comité, qui l’adopte, de commander pour chaque concours des œuvres originales à des compositeurs suisses.

1939 26 juin au 8 juillet

Premier Concours international d’exécution musicale de Genève, présidé par H.G.
Il révélera en particulier Maria Stader (Suisse), Fritz Ollendorf (Allemagne), Arturo Benedetti Michelangeli (Italie), André Jaunet (France), Robert Gugolz (Suisse) et Paul Valentin (France).

1939 4 novembre

Première représentation à la salle de la Réformation à Genève d’Abraham sacrifiant, tragédie de Théodore de Bèze, musique de H.G., par la Compagnie Jean Bard et les chanteurs de Saint-Jean dirigés par Frédéric Mathil.

1940 12 juin

Première audition de son oratorio Les Vanités du monde, au studio de Radio-Genève. Les interprètes en sont Violette Andreossi, Paul Sandoz, le chœur de la Société symphonique préparé par Albert Paychère, et l’OSR dirigé par Samuel Baud-Bovy.

1940 novembre

Début de la composition des pièces d’orgue sur les mélodies des Psaumes huguenots. Il travaillera jusqu’en 1967 à cette œuvre qu’il a dédiée à «L’Eglise nationale protestante de Genève, berceau des glorieux Psaumes huguenots ».

1942 11 février

Décès de sa mère à Lausanne.

1942 automne

Acquisition d’un chalet près d’Anières (GE), jusque-là propriété Spitteler (Lucerne), «Le Larigot».

1943 29-30 mai

Fête des musiciens suisses à Genève. H.G. prend part à l’organisation des manifestations.

1943 27 août

Première représentation sur le parvis de la cathédrale Saint-Pierre de Jedermann, texte de Hugo von Hofmannsthal traduit par Charly Clerc, musique de scène de H.G.; direction Charles Held.

1945

Début d’une correspondance avec l’écrivain et compositeur Jean Servais (Liège).

1947

Début de la correspondance avec le pianiste et journaliste Alex van Amerongen (Rotterdam).

1948

A Scheveningen (Pays-Bas), H.G. préside le Concours international de violon.
Jusqu’en 1974, il participe comme membre du jury à 75 concours internationaux, notamment Barcelone, Bruxelles (concours Reine Elisabeth), Bucarest, Jérusalem, Leipzig, Moscou, Munich, Paris, Prague, Rio de Janeiro, Rome, Varsovie, Vienne, etc.

1948 juillet-août

Ecrit des notices sur des compositeurs romands.

1949 9 juin

Reçoit le doctorat honoris causa de la Faculté des lettres de l’Université de Genève.

1949 16 juillet

Décès de son frère Elie, professeur de géologie et de paléontologie à l’Université de Lausanne, premier lecteur en 1918 de l’Histoire du soldat de Ramuz et Strawinsky.

1950

Pour marquer les vingt-cinq ans de sa direction, le comité du Conservatoire publie un catalogue de ses œuvres.

1952

Début de la mise en partition et notation usuelle moderne des Psaumes de Goudimel et de Paschal de l’Estocart. L’édition des œuvres complètes de Goudimel a été rendue possible grâce aux indications d’Alfred Cortot, à l’appui de l’Institute of Mediaeval Music (New York) et de la Société suisse de Musicologie (Bâle). Les collaborateurs: Henri Gagnebin, Rudolf Häusler, Eleanor Lawry et Marc Egan sous la direction de Luther A. Dittmer et Pierre Pidoux. Le 1er volume paraît le 10 février 1967.

1955

Ecrit de nouvelles notices sur onze compositeurs de Suisse romande.

1956 10 février

Création à Liège, sous la direction de Fernand Quinet, de sa 3 e Symphonie. Reçoit la médaille d’honneur de cette cité.
Médaille d’or de la reconnaissance de la Ville de Genève.
Il fonde, avec André-François Marescotti, la Fédération des Concours internationaux de musique qu’il préside jusqu’en 1969. A.-F. Marescotti lui succède.

1957 30 juin

Après trente-deux ans d’activité, il remet sa démission de directeur du Conservatoire de musique de Genève. Samuel Baud-Bovy lui succède. Il devient doyen des classes d’instruments à claviers et d’écriture.

1959 21 mars

Lauréat du prix de musique de la Ville de Genève (prix décerné tous les quatre ans par le Conseil Administratif de la Ville de Genève) et du prix de la Fondation Neumann.

1959 septembre

Il préside pour la dernière fois le Concours international d’exécution musicale de Genève. Lui succéderont tour à tour Samuel Baud-Bovy, Roger Vuataz, Jean Meylan, Claude Viala.

1960 16 février

Décès d’Antoinette Gagnebin.

1961 30 juin

Retraite du Conservatoire de musique de Genève.

1961 28 octobre

Lauréat du grand prix de l’Institut jurassien.

1962 12 janvier

Début de sa collaboration à la Tribune de Genève.

1962 11-13 mai

Fête des musiciens suisses à Genève. Il préside le comité d’organisation, secondé par André Hunziker.

1962-1967

Président de l’Association des artistes musiciens de Genève.

1963 6 mai

Le prix de musique de la Ville de Genève est décerné à André-François Marescotti. H.G. préside la sous-commission qui attribue le prix, et prononce l’éloge de son ami.
En 1947 déjà, il l’avait fait pour l’attribution de ce prix à Emile Jaques-Dalcroze.

1963 18 mai

Prix de composition de l’Association des musiciens suisses (Fête de Schaffhouse).

1963

Il préside le comité du Centenaire de Jaques-Dalcroze (1965), aidé dans cette tâche par André Hunziker.

1966 1er juin

Conférence sur Claude Goudimel à la Société suisse de Musicologie à Bâle.

1967

Il écrit son livre Musique, mon beau souci, publié en décembre 1968.

1968 5 juin

H.G. prononce à Leipzig (RDA) un hommage en allemand à Jean-Sébastien Bach.

1970 14 juillet

Paraît le dixième et dernier fascicule des pièces d’orgue sur les Psaumes huguenots.

1971 12 mars

Création de sa 4 e Symphonie à Genève par l’OSR sous la direction de Samuel Baud-Bovy.

1971 13 mars

A Rotterdam, première audition du Chant nuptial, poème de Catulle, version française de Georges Haldas.

1972 4 mai

Reçu à l’Académie royale des Beaux-Arts de Belgique où il succède à Zoltan Kodaly.
Il compose ses dernières œuvres.

1973

Ecrit Orgue, musette et bourdon, autobiographie qui paraît en 1975. Par ses démarches, André Hunziker en facilite la publication.

1975 24 novembre

Conférence aux Amis de l’opéra sur le Don Giovanni de Mozart.

1976 11 mars

Concert d’œuvres d’Henri Gagnebin organisé par «Les concerts spirituels» et «Les concerts de la cathédrale Saint-Pierre»; ce concert marque son quatre-vingt-dixième anniversaire.
Dernier été au Larigot. Depuis l’automne sa santé décline.

1977 1er juin

Décès d’Henri Gagnebin à son domicile, 16, cours des Bastions, Genève.

1977 6 juin

Service funèbre par le pasteur Claude Reverdin à la cathédrale Saint-Pierre. Ses cendres sont déposées à côté de la tombe d’Antoinette Gagnebin au cimetière d’Anières (GE).

1981 8 mai

Inauguration au Conservatoire de musique de Genève d’une plaque à l’effigie d’Henri Gagnebin, due au sculpteur Max Weber.